Le plan d’action de mise en œuvre de

la réforme du système éducatif

 

    Le plan d’action de mise en œuvre de la réforme du système éducatif a été retenu par le conseil des ministres qui s’est tenu en avril 2002 et a fait l’objet du programme du gouvernement adopté par le parlement.

 

    Ce plan expose les grandes lignes de la refonte de l’école algérienne qui a, dé­sormais, pour mission essentielle l’instruction, la socialisation, la qualifi­cation, la préparation à l’exercice de la citoyenneté et l’ouverture sur le monde.

 

  Le cadre général de référence du système éducatif

 

    Afin que l’école algérienne puisse remplir les missions qui lui ont été assi­gnées, elle doit, incontestablement, inté­grer dans ses programmes des valeurs liées à l’identité nationale ( Histoire, religion, langues ).

 

  Les grands pôles de la réforme

 

La réforme du système éducatif s’articule autour de trois éléments essentiels :

   1- La mise en place d’un système (rénové et stable) de formation et d’évaluation de l’encadrement

        A cet effet, ont été retenues certaines mesures concernant :

 

    La formation initiale des enseignants

 

  Pour l’enseignement moyen et l’enseignement secondaire général, il est prévu de recruter (sur concours) des titulaires de magisters afin d’assurer la formation initiale des futurs professeurs d’enseignement moyen et d’enseignement  secondaire au niveau des écoles normales supérieures.

 

     Par ailleurs, sera réinstauré le concours d’agrégation de l’enseignement secondaire et mise en place la formation

de nouveaux profils d’enseignants capables de prendre en charge les exigences de la refonte pédagogique.

 

     Enfin, il est prévu de former des professeurs d’enseignement technique (bac+5ans) dans les écoles normales supérieures d’enseignement technique. 

NB : concernant l’enseignement primaire, cf. le bulletin 56. 

 

La formation en cours d’emploi

 

     Pour le fonctionnement et la mise à niveau des enseignants, plusieurs possibilités leur sont proposées à savoir la poursuite des études à l’université, la formation à distance ou alternée par le biais des nouvelles technologies et les stages bloqués .

 

    Il est à noter que la priorité sera accordée aux enseignants du primaire, aux professeurs d’enseignement moyen et professionnel les plus jeunes et présentant des lacunes professionnelles (connaissances, compétences…).

 

   Enfin, en concertation avec les différents partenaires sociaux, seront mis en place des mécanismes de motivation et de promotion et ce, en vue d’améliorer les savoir-faire des enseignants. 

   La valorisation du statut de l’enseignant

    Pour rendre effective la priorité accordée à l’éducation et à la formation, il est nécessaire de créer une loi valorisant le statut de l’enseignant et ce, en concertation avec les partenaires sociaux.

 

    En outre, seront étudiées les conditions de mise en place d’une mutuelle des enseignants et formateurs et d’un système de retraite complémentaire en auto gestion.

 

    De plus, il est prévu de mettre en place une charte d’éthique et de déontologie de  l’éducateur ainsi qu’ une nouvelle réglementation concernant les maladies professionnelles, les congés sabbatiques et la formation continue.

 

    2-La refonte de la pédagogie et des champs disciplinaires. 

 

Les mesures retenues à cet effet sont multiples :

 

la refonte globale des programmes d’enseignement selon les orientations de la Commission Nationale de Réforme, action menée par la  C.N.P,

 

La langue arabe

 

Concernant cette langue, des mesures seront mises en œuvre afin de :

 

- réviser les programmes et les manuels de langue arabe (contenus et formes) et rénover les méthodes pédagogiques,

 

- intégrer dans les contenus des notions de la littérature et de la culture arabe classique, moderne et contemporaine ainsi que d’autres genres littéraires (roman, nouvelle, poésie libre, théâtre…),

 

- utiliser les T.I.C,

 

- traduire de et vers l’arabe les références essentielles du patrimoine scientifique, technologique et culturel universel et ce, avec l’aide de    l’académie de la langue arabe. 

 

l’enseignement de  Tamazight. 

 

Il est prévu à  cet effet, de :

 

- mettre à disposition tous les moyens organisationnels, humains, matériels et pédagogiques en vue de rendre effectif son enseignement,

 

- introduire l’enseignement de Tamazight dès le début de l’école de base en tant qu’activité d’éveil puis en tant que matière dès la 4ème année primaire,

 

- prendre en charge la dimension culturelle amazigh dans les programmes des sciences sociales et humaines,

 

- enseigner le Tamazight et/ou en Tamazight un  module dans certaines filières universitaires (sociologie, anthropologie…),

 

- créer un centre de linguistique ou , à moyen terme, une académie de langue et de culture amazighs chargée de la recherche et de l’harmonisation du lexique.

 

L’enseignement des langues étrangères (cf. bulletin n°56).

 

N.B : introduction et développement d’une 3ème langue étrangère optionnelle dans les filières littéraires de l’enseignement secondaire.

 

L’enseignement des sciences exactes.

   Il est prévu d’introduire la symbolique universelle et la terminologie bilingue dans les manuels de mathématiques, de physique-chimie et de sciences naturelles.

 

L’enseignement de l’Histoire.

 

   Cet  enseignement doit être réhabilité à tous les niveaux tout en  accordant la priorité à l’Histoire millénaire nationale.

 

   L’enseignement de la philosophie.

 

    Il est question d’orienter l’enseignement de cette discipline vers       l’apprentissage de la réflexion, du questionnement et de la dissertation.

 

L' éducation artistique.

 Cette éducation doit être généralisée à tous les niveaux et introduite à titre optionnel dans les épreuves du baccalauréat et du brevet.

 

L’éducation physique et sportive.

 

   Cette discipline doit être obligatoire pour tous et prise en compte dans l’évaluation continue et dans les examens du brevet et du baccalauréat.

 

   L’éducation islamique et l’éducation civique.

 

   Cet enseignement doit préparer les élèves à la citoyenneté et à l’apprentissage et à l’observance des principes moraux et religieux dans le cadre des valeurs civilisationnelles du peuple algérien. Pour cela, il apparaît nécessaire de :

 

- revoir les programmes et élaborer de nouveaux manuels scolaires,

 

- introduire cet enseignement dès la première année primaire.

 

N.B : il est à noter que l’éducation islamique sera assurée par des enseignants qualifiés et formés à cet effet. Concernant l’enseignement secondaire, ils seront formés dans des Instituts Spécialisés du Ministère de l’Enseignement Supérieur.

 

L’intégration des nouvelles technologies de l’information et de la communication    (N.T.I.C.).

 

   Concernant ce domaine, il est question :

- d’élaborer un programme national de développement de l’utilisation des N.T.I.C dans le système éducatif et de créer une institution nationale pour la gestion de celui-ci,

 

- de mettre en œuvre un programme de formation aux nouvelles technologies destiné  à l’ensemble des enseignants,

 

- de doter progressivement tous les établissements scolaires d’outils informatiques et de connexions aux réseaux Intranet et Internet en accordant la priorité aux institutions de formation de formateurs et aux établissements d’enseignement supérieur et secondaire,

 

-de faire développer par les P et T un système de communication rapide et de grand débit avec une tarification préférentielle pour les établissements d’éducation et de formation,

 

-de mettre en place des structures de production pédagogique au niveau des Instituts de Formation et de Perfectionnement des Maîtres et  des universités,

 

-de  développer  l’enseignement  et  la formation  à  distance  et  de mettre en place des réseaux virtuels par le biais d’ aides financières et techniques externes, notamment auprès de l’UNESCO, l’ALESCO et l’Union Européenne.

 

L’intensification des programmes de prévention et de lutte contre la violence et la toxicomanie,

 

L’élaboration et la  mise en œuvre d’une stratégie d’alphabétisation des adultes et ce, avec l’aide des  institutions existantes, le mouvement associatif et les écoles coraniques en coordination avec le Ministère des Affaires Religieuses,

 

La réhabilitation de l’école du  travail pour ceux qui désirent améliorer leur niveau d’instruction et de qualification et/ou leur statut socio- professionnel.

 

3- La réorganisation générale du système éducatif.

 

La généralisation de l’éducation préscolaire.

 

   L’éducation préscolaire (pour les enfants âgés de cinq ans) sera généralisée progressivement et ce, par l’ouverture de jardins d’enfants. Pour cela, il est nécessaire, en premier lieu  et à court terme, de mettre en place un cadre juridique pour prendre en charge cette éducation ainsi que la formation des éducatrices.

 

    En outre, il est à souligner que l’éducation préscolaire n’étant pas nécessairement gratuite, par conséquent, elle sera  prise en charge par le mouvement associatif, les collectivités locales ainsi que les entreprises. Cependant, l’Etat veillera à garantir l’égalité des chances et ce, par l’ouverture de jardins d’enfants, notamment dans les zones défavorisés.

 

La mise en place  d’une nouvelle organisation de l’enseignement de base obligatoire.

 

 Afin que cet enseignement soit plus efficace, il a été décidé de le scinder en deux phases distinctes : l’école primaire et le moyen.

 

   L’allongement de l’enseignement moyen d’une année.

 

    Cette décision a été prise afin d’alléger les programmes et satisfaire ainsi la demande de la communauté éducative. Sa mise en œuvre se fera graduellement et allant de pair avec la nouvelle distribution des programmes.

 

La réduction de l’enseignement pri­maire d’une année sur le moyen terme et ce, en corrélation avec la généralisation progressive de l’enseignement préscolaire.

 

Projet de  restructuration du  cycle d’enseignement post-obligatoire  (cf. tableau)

 

 
 

 
     
 

   Cette restructuration fait apparaître  une séparation nette entre l’enseignement secondaire général qui prépare l’accès à l’université et l’enseignement technique et professionnel préparant  à la vie active.

 

    En outre, elle nécessite la création d’une commission technique intersectorielle comprenant des représentants des ministères de l’enseignement supérieur, de l’éducation nationale et de la formation professionnelle qui aura surtout pour mission de réorganiser l’enseignement technique et professionnel ( famille de métiers, durée des études, évaluation de la scolarité). 

 

    L’institutionnalisation de la démocratisation de l’enseignement.

 

    Cette démocratisation se fera en luttant contre les déperditions scolaires et ce, au moyen de la réactivation des politiques de remédiation pédagogique et la mise en œuvre de programmes de soutien ciblés en faveur des zones d’éducation défavorisées (cantines scolaires, transport…).

 

 4- Le cadre de mise en œuvre de la réforme

 

   Il est prévu de mettre en place un dispositif ad hoc permettant d’assurer le suivi et l’évaluation de la réforme. Pour ce faire, ont été créées deux institutions nationales :

-  le Conseil National de l’Éducation et de la Formation qui sera composé de représentants de l’état, d’acteurs du système éducatif, d’associations représentatives, de spécialistes des sciences de l’éducation ... Ce conseil sera une institution de concertation autorisée à  émettre des points de vue sur les questions éducatives.

 

    - l’Observatoire National de L’Éducation et de la Formation qui sera composé exclusivement d’experts ayant pour rôle l’évaluation et le suivi de la mise en œuvre de la réforme. 

 

 
 

 
 

L’enseignement/apprentissage des langues étrangères

 

       Pendant longtemps régnèrent des idées préconçues selon lesquelles tout « mélange » linguistique était néfaste tant à l’élaboration de la pensée qu’au développement psychologique et à l’équilibre mental de l’enfant. Ces idées reposaient sur trois types de crainte :

 

        a) crainte de surcharger les enfants, de leur demander un effort  intellectuel trop tôt,

 

       b) crainte que l’acquisition d’une seconde langue se fasse au détriment de la maîtrise de la langue maternelle,

 

     c) crainte de surcharger le système éducatif et notamment les enseignants non formés à l’enseignement des langues étrangères.

 

      Or,  aucune de ces craintes n’est réellement fondée sur des arguments scientifiques. En effet, actuellement les recherches montrent que l’apprentissage précoce d’une langue étrangère en milieu scolaire devient nécessaire car il favorise l’acquisition du langage, le développement cognitif en général et les autres apprentissages. Ainsi, la connaissance d’une deuxième langue facilite par la suite l’apprentissage d’une troisième et pourquoi pas d’une quatrième langue.

 

       Par ailleurs, plus l’apprentissage est précoce, plus l’enfant parlera facilement car dès l’âge de neuf ans, les  capacités d’apprentissage  d’une autre langue, notamment   de   phonèmes,   sont fortement diminuées.

       En outre, cet apprentissage apparaît de plus en plus comme une nécessité et sa maîtrise comme un atout ultérieur pour le jeune dans le monde du travail.

Sur le plan culturel, l'apprentissage d'une seconde langue présente de nombreux avantages puisqu'il donne l'accès à une culture et il est de notoriété publique que tout ce qui contribue à l'enrichissement d'un individu bénéficie à la communauté tout entière. Effectivement, un citoyen habitué au maniement de plusieurs langues, aux différentes cultures sera, plus volontiers, ouvert aux autres et à leurs particularités. Il s'inscrira, ainsi, plus facilement dans un univers où il n'est plus, désormais, question de "chocs" de civilisations mais d'harmonie et de tolérance, éléments indispensables à une nouvelle appréhension du monde, monde devenu, grâce aux multimédias, un "village" où "tout le monde connaît tout le monde".

     Pour conclure, concernant la réforme de notre système éducatif et les mesures prises pour l'introduction du français en deuxième année primaire et de l'anglais en première année moyenne se trouvent amplement justifiées.

 
 

 
 

Source du document:  Centre National de Documentation Pédagogique

 
 

Paru dans les bulletins mensuels d'information du CNDP. Edition N° 57 du  1 novembre 2003.

 
 

Liens vers les principaux sites relevant du Ministère de l'Education Nationale:

 
 
  MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE
     http://www.meducation.edu.dz/
 
 

Institut National de Recherche en Éducation
Office National des Publications Scolaires

 
 

 
 

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