Parcours de la langue française
dans le centre de Paris
 

Depuis le latin parlé par les étudiants de la Sorbonne au Moyen Âge, jusqu'au langage contemporain, en passant par l'argot parisien du début du siècle ou le langage qu'employaient les bouchers de la Villette, la langue française se dévoile dans toute sa richesse et sa diversité. Partez à pied dans Paris et laissez-vous guider dans des rues, des places, des grandes institutions où la langue française a laissé son empreinte. Vous découvrirez les lieux où la langue française a pris naissance, a vécu, a été parfois malmenée et où elle s'est aussi renouvellée.
Tout commence dans l'île de la Cité. Un petit peuple gaulois de mariniers et de pêcheurs, les Parisii, qui vivait dans l'espace marécageux situé entre les forêts de Chantilly, Fontainebleau et Compiègne, y établit sa capitale Lucoticia, après le milieu du IIIème siècle avant notre ère. On y parlait une langue celtique : le Gaulois. Après la conquête romaine, en - 52, les oreilles gauloises durent s'habituer aux sonorités de la langue latine et les gosiers gaulois les assimiler : progressivement, la Gaule s'accommoda du latin, en le transformant. Aux alentours du Vème siècle, le contact avec les langues parlées par les envahisseurs germains, les Francs en particulier, a encore modifié la forme prise par ce latin parlé par des Gaulois. Il faudra attendre le IXème siècle pour trouver des textes écrits dans un premier état de notre langue, le Très ancien français. Le plus célèbre de ces textes est un texte juridique, les Serments de Strasbourg (842).
Depuis l'île de la Cité, on se promène rive gauche. (premier, cinquième, sixième et septième arrondissements)
On ne peut pas passer devant Notre-Dame sans penser à Esméralda et Quasimodo, auxquels Victor Hugo a donné vie et qui ont contribué à rendre populaire la cathédrale. Cependant le rayonnement précoce de Notre-Dame de Paris (fin du XIIème siècle) est lié au développement de l'enseignement universitaire. L'église est alors seule détentrice du savoir, et l'enseignement, dispensé en latin vulgaire, est assuré par les chanoines dans l'île de la Cité et par les religieux des abbayes, rive gauche. Au XIIème siècle, s'est pourtant développé, non loin de Notre-Dame, sur le Petit-Pont et sur la rive gauche rue du Fouarre, un enseignement privé. Il ne délivrait pas de diplôme. À cette époque, XIIème et XIIIème siècles -illustrée par des textes en Ancien français : chansons de geste, littérature courtoise, fabliaux- la langue parlée à la Cour devient plus raffinée, son prestige s'accroît, et le parler de l'Ile-de-France se trouve de ce fait en situation favorable par rapport aux autres dialectes à l'intérieur des frontières de l'ancienne Gaule.
La Rue du Chat-Qui-Pêche, la plus étroite de Paris, bonnes gens, permet de se faire une idée de la largeur des rues médiévales, encombrées... et criardes. Imaginez un peu : avant de balancer hardi petit le contenu des pots et bassins par les fenêtres, on était tenu de crier par trois fois " Gare à l'eau! ". Ajoutez à cela les cris des quelques cinq mille portefaix et porteurs d'eau répertoriés en 1599.
Rue de La Huchette vous découvrirez au n°14 une enseigne énigmatique : A l'Y". Ce rébus, gravé dans la pierre à la fin du XVIIIème siècle, annonçait la vente de lie-grègues, noeuds de ruban servant à attacher les grègues, sorte de culotte bouffante à la mode grecque. Au n°23 vous trouverez le Théâtre de la Huchette. Est-ce un hasard? On y joue depuis 1957 la Cantatrice chauve et La Leçon de Ionesco, un fameux jongleur de mots. D'origine roumaine, il a choisi notre langue pour donner libre cours à son génie.
La place Saint-Michel marque le début du quartier étudiant, toujours animé par une foule cosmopolite parlant latin hier, et aujourd'hui français avec toutes sortes d'accents.
La rue de la Parcheminerie s'appelait la rue des Écrivains au XIIIème siècle. Et pour cause : elle regroupait quantité d'écrivains publics, de copistes et d'enlumineurs.
La place Maubert devint au XVIème siècle, pendant les troubles suscités par la Réforme, un lieu d'exécutions capitales et d'autodafés : on y fait taire les voix rebelles, on y brûle les livres. Le monde de l'imprimerie, alors concentré dans le quartier, embrassait dans sa grande majorité la cause de la Réforme, l'Université restait fidèle au pape.
À la fin du siècle dernier, la place Maubert est devenue " la Maub ". Ainsi l'appellent, par jeu de langage, les malandrins qui portent eux-mêmes des sobriquets. Les quartiers populaires sécrètent la familiarité de langage, ils ont le génie des surnoms.
On aperçoit, à l'extrémité du boulevard Saint Germain, (23 quai Saint-Bernard) l'Institut du Monde Arabe fondé en 1980. On se rappellera que des mots essentiels au développement de notre culture sont des emprunts à l'arabe. Zéro, chiffre, algèbre (où en seraient les mathématiques sans ces notions ?)... alcôve, élixir, sofa, alcool, alchimie, magasin... Une centaine de mots nous sont venus, avec les choses ou les notions qu'ils désignent, du monde arabe.
Rue des Écoles Si, pendant tout le XIème siècle, des étrangers vinrent étudier à Paris dans les abbayes de Saint-Germain et de Sainte-Geneviève, ce qui donna définitivement au quartier latin, son caractère intellectuel, ce fut l'installation sur la rive gauche, au XIIe siècle, d'écoles transfuges de la Cité qui choisirent de ne plus dépendre du chapitre. Ce mouvement aboutit au début du XIIIème siècle à la création de l'Université, lorsque le corps des écoliers, reconnu comme tel par Philippe Auguste, s'unit à celui des maîtres. Les clercs étaient répartis en nations suivant leur origine : les Français, les Picards, les Normands, et les Allemands, autrement dit les étudiants du Nord parmi lesquels on compte les Anglais. Le latin scolastique cimente le tout. À mesure que l'Université s'organise et se constitue comme un État dans l'État, le jargon de l'École devient un véritable idiome, l'idiome du quartier latin, qui n'est ni du français, ni du latin, les deux ensemble confondant leur vocabulaire et leurs formes, mais avec une évidente prédominance du latin. À la fin du XVIème siècle, on dénombre cinquante à soixante collèges dans le quartier de l'Université, fréquentés par cinquante mille étudiants.
Ce n est qu'en 1869, lorsque la Compagnie des omnibus effectue des travaux rue Monge, à hauteur du 49, que les pioches buttent contre une muraille. Surprise : il s'agit des Arènes de Lutèce... Ce théâtre, le plus vaste de Gaule, pouvait accueillir 15 000 personnes. Il témoigne qu'à la fin du Ier siècle, la langue parlée en cet endroit comme ailleurs en Gaule, était le latin vulgaire apporté par les légions romaines. Ce latin-là est bel et bien l'ancêtre du français.
Le Jardin des Plantes Si les noms des frères Jussieu, grands voyageurs, et de Cuvier restent attachés à ce lieu, on retiendra surtout celui de Buffon. Ce savant, critiquant le caractère trop systématique, selon lui, de la classification des espèces du suédois Linné, en proposa une différente, dans un ouvrage rédigé à partir de 1744 en collaboration avec Daubenton. Sa volonté de fonder la connaissance scientifique sur des faits d'expérience, et son souci du style " les ouvrages bien écrits seront les seuls qui passeront à la postérité " ont assuré le succès de son Histoire naturelle -en trente-six volumes- et le rayonnement international de l'institution. Grâce à Buffon, la langue française contribua au fondement scientifique de la zoologie.
Près de l'Église Saint-Médard, à l'emplacement du square, se trouvait un cimetière. Rendu célèbre par des pèlerinages " miraculeux " au tombeau du diacre François Pâris, il fut fermé en 1732 en raison de troubles occasionnés par les convulsionnaires. Un plaisantin écrivit sur la porte : " De par le Roi, défense à Dieu de faire miracle en ce lieu " ... Graffiti contestataire avant la lettre.
L'aspect villageois de la rue Mouffetard lui a valu un surnom populaire devenu affectueux chez les étudiants, qui fréquentent les grandes écoles établies dans le quartier : ils l'appellent tendrement " La Mouffe".
Rue de l'Estrapade, on verra que les noms sont parfois bien trompeurs. Cette rue doit le sien, si joliment dansant, au supplice infligé jadis à cet endroit aux déserteurs et aux voleurs. Il consistait à faire tomber le condamné, mains liées dans le dos, du haut d'une potence, autant de fois qu'il le fallait jusqu'à entraîner la mort. Il fut supprimé par Louis XVI en un temps où des voix s'élevaient pour dénoncer certaines injustices... Le n° 3 fut d'ailleurs habité par Diderot à l'époque où il écrivait sa Lettres aux aveugles à l'usage de ceux qui voient (1750).
Le lycée Henri-IV, installé rue Clovis dans les locaux de l'abbaye Sainte-Geneviève, abrite des classes préparatoires aux concours des grandes Écoles. Les candidats de France et de Navarre sont aujourd'hui encore désignés par des surnoms qui rappellent plus ou moins la carrière à laquelle ils se destinent. Les saints-cyriens, tout de vert vêtus, portent le nom peu aimable de cornichons ; les candidats à l'École des Eaux et Forêts s'appellent des fagots, à l'École polytechnique des taupins, les élèves de Centrale sont des pistons, et les futurs normaliens sont des khâgneux.
Place du Panthéon. Louis XV, à la suite d'un voeu, décida de reconstruire l'église de l'abbaye Sainte-Geneviève, fort délabrée. En 1791, la líAssemblée Constituante décréta d'en faire une nécropole des grands hommes et la rebaptisa " Panthéon ". Voltaire et Rousseau furent parmi les premiers hôtes. Rejoints plus tard par Victor Hugo et Émile Zola, tous écrivains ardents à défendre la justice.
Au 21 de la rue Valette, dans la cour, à droite, se trouve la Tour de Calvin. C'est en ces lieux que le réformateur s'attela à la traduction française de la Bible, en 1531.
La rue de l'École polytechnique abrita, de 1805 à 1977, la prestigieuse école. Dans leur argot, les polytechniciens se désignent entre eux par le symbole X, emprunté à l'algèbre.
En 1530, François Ier fonde le Collège des trois langues, notre actuel Collège de France, qui s'installe au 11 place Marcelin-Berthelot au dÈbut du rËgne de Louis XII. Les lecteurs royaux, en toute indépendance vis à vis de l'Université, y enseignent alors les langues anciennes (hébreu, grec et latin) en recourant aux méthodes de la toute nouvelle philologie. S'y ajoutèrent ensuite les langues orientales (syriaque, arabe) et les mathématiques. Mais surtout, on y voit, pour la première fois, quelques professeurs s'exprimer en français pour donner un enseignement de haut niveau.
Le français de la Renaissance, après avoir franchi une troisième étape, celle du Moyen français -illustrée par François Villon et Charles d'Orléans, Jean Froissart et Philippe de Commynes, un théâtre religieux, celui des Mystères et des Passions, et un théâtre comique, celui des Farces- puise dans le latin classique les éléments qui lui sont nécessaires, et enrichit son vocabulaire de centaines de mots empruntés aux langues étrangères. François Rabelais incarne cette étape particulièrement innovante dans l'évolution du français.
Rue de la Sorbonne La forte concentration de jeunesse dans ce quartier dévolu aux études n'allait pas sans poser quelques problèmes matériels. Un maître de théologie, Robert de Sorbon, possédait dans cette rue alors appelée Coupe-Gueule, trois maisons que lui avait données le roi. Il y fonda, en 1257, un collège destiné à l'hébergement des " pauvres maîtres et escholiers " en théologie. L'établissement devint le siège de la faculté de théologie dont le rayonnement attire les grands maîtres étrangers, et qui intervint à plusieurs reprises dans le débat politique... Les événements qui agitèrent notre vieille Sorbonne en Mai 1968, la transforment cette fois en tribune. À la suite de sa fermeture, le 3 mai, les étudiants occupent la rue, dressent des barricades, sur un arrière-fond de palabres interminables où l'on refait la société. Les slogans fleurissent, les murs prennent la parole : " Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi! ".
Le premier livre parisien, le saviez-vous, fut imprimé à la Sorbonne, en 1470.
À la Renaissance, la rue Saint-Jacques devient le quartier général de l'édition. C'est là que s'installent, en 1473, les premiers imprimeurs, venus à Paris à la demande de Guillaume Fichet, recteur de l'Université, pour y exercer leur art. En 1500, on en compte déjà plus de quatre-vingts dans le quartier.
Au 123, le lycée Louis-le-Grand. Parmi ses anciens élèves, Molière, Voltaire, Robespierre, Hugo...
En 1794, l'Institut national des jeunes sourds fut installé au 254, dans les locaux du séminaire des Oratoriens, selon la promesse faite par l'Assemblée constituante à l'Abbé de l'Épée sur son lit de mort. Charles de l'Épée avait jeté les bases d'une pédagogie adaptée aux enfants sourds par l'importance accordée aux signes gestuels et à la communication visuelle. L'Institut offre aujourd'hui aux sourds-muets un enseignement fondé sur l'utilisation de la Langue Française des Signes pour accéder au français écrit, autrement dit au sens, et échapper ainsi à l'illettrisme.
Le jardin du Luxembourg est un lieu propice à l'étude, à la lecture solitaire... aux doux dialogues. La Fontaine Médicis mêle ses chuchotis aux mots caressants des amoureux qui viennent ici comme en pèlerinage " mon rayon de soleil, lumière de mes jours, mon doux rossignol... " Au jardin des Chartreux, des amis bavardent en dessinant distraitement sur le sable d'éphémères calligraphies : Sainte-Beuve et Lamartine.
Une statue de Leconte de Lisle, à qui une femme ailée tend une palme, rappelle que le poète fut bibliothécaire au Sénat voisin. Depuis 1852, les sénateurs viennent d'un pas tranquille et majestueux -un train de sénateur, dit-on- légiférer au Palais du Luxembourg. Construit en 1613 par Marie de Médicis, le palais fut séquestré à la Révolution et transformé en prison de 1793 à 1795. Il accueillit jusqu'à huit cents détenus dont les grands orateurs du mouvement révolutionnaire : Camille Desmoulins, Fabre d'Églantine... Ironie du sort soulignée par Danton qui faisait partie du lot et s'empressa, comme à son habitude, de faire un mot " Messieurs, aurait-il déclaré à son arrivée, je comptais bien vous faire sortir d'ici, malheureusement, m'y voilà enfermé avec vous ".
Place de l'Odéon En 1782, le roi inaugure le plus grand théâtre de Paris (1913 places) construit pour accueillir ses comédiens, autrement dit la Comédie-Française. Baptisé Théâtre de la Nation en 1789, Théâtre de l'Égalité en 1794, il reçoit l'appellation antique d'Odéon en 1796. Intitulés reflétant l'imaginaire propre à chaque période historique.
Au n°1, le célèbre café Voltaire, annexe du théâtre et lieu de rendez-vous des comédiens, des gens de lettres. On y vit, avant 1956, Mallarmé, Valéry, Gide ou Hemingway.
À la fin du XVIIIème siècle, le quartier latin rassemblait la population de Paris la plus pauvre, la plus remuante. Quand l'enthousiasme révolutionnaire s'empare des esprits, en 1790, le Club des Cordeliers s'y installe, rue de l'École-de-Médecine dans le Couvent des Cordeliers. On compte parmi ses membres les ténors de la Révolution : outre Danton, son fondateur, Desmoulins, Marat... Les médecins s'exprimèrent longtemps en latin, comme le docteur Diafoirus de Molière. Pourtant, dès la Renaissance, l'illustre chirurgien Ambroise Paré avait pris le parti de publier en français tous ses ouvrages scientifiques.
Rue de Tournon Havre des gens de plume, hier... Honoré de Balzac a vécu au n°2, Octave Feuillet, Paul Bourget au n°8, dans l'hôtel Chartraire de Saint-Aignan, l'astronome Laplace au n°6, Lamartine et Renan, au n°4, à l'hôtel Palaiseau... Eldorado des bibliophiles, amoureux de belles reliures à tranches jaspées, aujourd'hui.
Au centre de la place Saint-Sulpice, la fontaine de Visconti offre ses eaux aux oiseaux, et ses niches à Bossuet, Fénelon, Massillon et Fléchier. Aux XVI-XVIIèmes siècles, l'éloquence et la rhétorique des parlementaires et des prédicateurs ont influencé l'élaboration de la phrase française.
À la veille de la première guerre mondiale, Jacques Copeau crée une compagnie de théâtre ; il l'installe au 21 de la rue du Vieux-Colombier, dans la salle de l'Athénée Saint-Germain. Ainsi naît Le Vieux Colombier. On y joue un théâtre sans concession. Huit clos, de Sartre y fut créé en 1944.
Place Saint-Germain-des-Prés Le quartier est tranquille jusqu'à la Première Guerre mondiale, quand ses cafés, intimement liés à la vie intellectuelle, politique et littéraire en font un endroit à la mode. Rémy de Gourmont, du Mercure de France, et Guillaume Apollinaire s'installent volontiers au Café de Flore, qui devint plus tard le quartier général de Prévert. Aux Deux Magots, on rencontre Breton, Giraudoux, Audiberti et Saint-Exupéry. Celui-là fréquente aussi la Brasserie Lipp, rendez-vous d'André Gide et des auteurs de la NRF, où l'attend Léon-Paul Fargue devant un vichy-chambré. Après la guerre, le " piéton de Paris " est ici chez lui, bientôt rejoint par d'autres aventuriers du langage, Tzara, Desnos, Queneau, Carco... Dans les cafés de Saint-Germain, la politique et le Tout-Paris se mêlent aux écrivains existentialistes : on commente les procès, les débats houleux à la Chambre des députés. Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, on associe les existentialistes au style de vie du quartier : vie nocturne, jazz dans les caves, palabres au café, femmes en pantalons noirs et cheveux longs. Quand Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir se fixent au Flore, ce petit périmètre connaît son apothéose. Avec Boris Vian, Juliette Greco et Albert Camus, ils ont fait la réputation de la place, non loin de laquelle de grandes librairies entretiennent la tradition intellectuelle.
L'abbaye de Saint-Germain-des-Prés avait connu un rayonnement intellectuel considérable de l'époque carolingienne au XIIème siècle. Après sa réforme, en 1631, les moines, parmi lesquels Doms Mabillon, Montfaucon ou Félibien, menant une vie consacrée à la prière et à l'étude, se placent au tout premier rang par leurs travaux historiques et leur érudition.
En face de l'église, place Jacques-Copeau, une statue de l'auteur de l'Encyclopédie, Denis Diderot, à qui les oeuvres scientifiques d'envergure ne faisaient pas peur : il mena à bien son ambitieuse tâche de 1747 à 1766, tout en écrivant une fable licencieuse, des écrits philosophiques, quelques comédies, un pamphlet déguisé en roman, des réflexions sur l'art...
Rue du Pré-aux-Clercs Aux XIIème et XIIIème siècles, la grande concentration scolaire sur la rive gauche mettait en péril l'ordre public. À la suite de nombreux incidents, on accorda aux clercs un espace où ils pouvaient s'esbaudir et vociférer à leur aise : le Pré-aux-Clercs...
Un détour par le Quartier d'Orsay s'impose pour apprécier la dimension intellectuelle de l'endroit. Au XVIIIème siècle s'y tenaient les salons de Mme du Deffand (qui présenta, rue Saint-Dominique, les Encyclopédistes, Fontenelle, Montesquieu, Marivaux à des gens du monde et à des politiciens), et de son émule, Mlle de Lespinasse (qui recevait, rue de Bellechasse, d'Alembert, Condillac, Condorcet). De nos jours, l'École nationale d'administration (13, rue de l'Université) voisine avec le siège de la Revue des Deux Mondes fondée en 1831 par Buloz (au 15, à l'hôtel Laugeois d'Imbercourt construit en 1682). Au 126 de la longue rue de l'Université se trouve le Palais-Bourbon. Construit en 1722 pour Mademoiselle de Nantes, fille de Louis XIV et de Madame de Montespan, le palais, après qu'il eut été saisi à la Révolution, fut affecté au Corps législatif, Conseil des Cinq-Cents, puis Chambre des députés. Il devint de ce fait un lieu de débats essentiel à la vie démocratique. L'hémicycle est réservé aux séances de l'Assemblée nationale, son président y occupe une place privilégiée : face aux députés, il domine l'assemblée depuis le " perchoir " ; la salle des pas perdus est ouverte aux journalistes. Le Palais-Bourbon résonne encore des voix de Jean Jaurès, Georges Clémenceau...
Quai Voltaire Le peintre et dessinateur Ingres mourut en 1667 à l'hôtel Boulleau (au 11). Dans son jeune âge, Ingres suivit des cours de musique qui lui permirent plus tard de se délasser : du pinceau il passait au violon, loin d'imaginer que la postérité se souviendrait autant de celui-là que de son Bain turc. L'expression proverbiale Violon d'Ingres est toujours en usage.
Au 23 quai Conti, le Palais de l'Institut est un écrin pour la bibliothèque léguée par Mazarin. Elle est dite " mazarine ". On le voit ici, en cas de besoin, un nom propre célèbre peut engendrer un adjectif. Ou un nom, tel " mazarinades " : écrits satiriques répandus par les mécontents au moment de la Fronde parlementaire à l'encontre du même Mazarin qui avait multiplié les impôts. Les Mazarinades présentent un très grand intérêt linguistique : ils témoignent du parisien populaire du XVIIème siècle.
Ce lieu prestigieux est le siège de l'Académie française fondée par Richelieu en 1635. Sa principale fonction est de " travailler à donner des règles certaines à notre langue " et à " la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences ". L'Académie doit composer le dictionnaire de la langue française. Ses quarante membres ont pour mission de constituer une langue qui ne doit pas être celle des spécialistes, des érudits, ni celle des corporations, dans laquelle l'écart entre langue écrite et langue parlée n'est pas accentué et qui tire sa force de son double attachement à l'usage et à la norme. La première édition du dictionnaire remonte à 1694. La neuvième est en cours de publication.
La rue Visconti est étroite et courte, mais notre langue lui est redevable. Adrienne Lecouvreur y tint salon (au 16)... Balzac s'y perdit de dettes en se faisant typographe (au 17)... là même où George Sand venait surprendre Delacroix dans son atelier... Nerval y rêva... Racine y mourut (au 24).
La rue de Buci abrita à ses débuts (XII siècle) la foire Saint-Germain. Quatre siècles plus tard, dans ce lieu de commerce et de plaisirs fréquenté par tous à l'époque du Carnaval (on y vit Henri IV perdre gros au jeu) fleurissent toujours interjections et apostrophes Approchez, approchez bonnes gens! ... il y avait là comme un avant-goût de théâtre populaire.
L'étroit carrefour Buci, où aboutissent six rues, est toujours fort animé. Dans cette enclave restée populaire au coeur d'un quartier qui ne l'est plus, on peut encore entendre, par-dessus les étals, l'accent des faubourgs.
Au 13 rue de l'Ancienne-Comédie, voici le Café Procope, installé en 1686 par Francesco Procopio dei Coltelli. Le cadre aimable, l'excellence des boissons, le voisinage de l'ancienne Comédie-Française avaient fait de l'établissement le lieu de réunion des beaux esprits. Ainsi naquit le premier café littéraire du monde et, pendant plus de deux siècles, tout ce qui portait un nom, ou qui espérait en porter un, dans le monde des lettres, des arts et de la politique, fréquenta le Procope. De La Fontaine à Anatole France, en passant par Voltaire, Rousseau, Beaumarchais, Balzac, Hugo, Verlaine... Au XVIIIème siècle, les idées libérales y prennent leur essor, et l'histoire de l'Encyclopédie est intimement liée à celle du café que fréquentaient Diderot, d'Alembert et Benjamin Franklin. Pendant la Révolution, on y vit Robespierre, Danton et Marat en palabres.
En 1689, la troupe des Comédiens du Roi, établie depuis 1680 rue Guénégaud, vint s'installer au 14 dans une salle neuve. L'histoire du Théâtre-Français se confond avec ce lieu jusqu'à la fermeture en 1770 de la salle devenue vétuste. L'impasse du Jardinet donne accès à la cour de Rohan (par déformation de Rouen, les trois cours dépendaient de l'hôtel des archevêques de Rouen au XVIème siècle). Dans la seconde cour, à gauche, on trouve une pièce métallique fichée dans le mur. C'est un " pas de mule ". On sait trouver de jolis noms, dans le bâtiment, pour dénommer les choses. À quel usage était-elle destinée? On s'en servait pour se hisser sur les montures.
Dans la cour du Commerce-Saint-André, au 8, Marat imprima L'Ami du peuple et... au 9, le docteur Guillotin essaya sur des moutons sa récente invention. À chose nouvelle, nom nouveau. La machine du docteur fut baptisée " guillotine " en 1790, du nom de son
inventeur, comme il est d'usage. Ainsi poubelle, du nom du préfet de la Seine, Eugène René Poubelle, qui imposa aux Parisiens l'usage d'une boîte métallique destinée à la collecte des ordures ménagères.
Au 9 rue Mazarine, Molière fit ses débuts avec ses amis Béjart en fondant l'Illustre-Théâtre, au Jeu de paume des Métayers (1643). Après de nombreux déménagements forcés et installations provisoires dans d'autres jeux de paume, la troupe s'établit en 1673, dans celui de la rue Guénégaud.
Depuis la Cité, on se promène rive droite. (1 ,2, 3, 4è arrondissements)
Au début du XVIIème siècle, deux frères bateleurs, Antoine et Philippe Girard, improvisent de courtes farces à partir d'un canevas, à la manière des comédiens-italiens. Sur le Pont-Neuf et place Dauphine, voilà Tabarin et Mondor pour le plus grand plaisir des badauds, parmi lesquels le jeune Molière, fort assidu.
Boulevard du Palais Le Palais de Justice, situé devant la Sainte-Chapelle bâtie par saint Louis, est l'ancienne demeure des rois de France. Le palais changea d'affectation à la fin du XIVème siècle, quand Charles V transporta sa résidence rive droite, au Louvre et laissa le palais au Parlement et à la Chambre des comptes, c'est à dire à la vie administrative. Le jargon juridique, langue savante, s'élabore ici, au prix d'incessants allers et retours entre latin et français. D'après un ouvrage intitulé Style de la chambre des enquêtes, le rapporteur doit, à la Cour, traduire le français en latin, et il est recommandé d'écrire le latin des arrêts de façon à être compris des laïques peu ferrés en cette langue. Cette situation cesse quand en 1539, par l'ordonnance de Villers-Cotterêts, François I décide que les actes des cours de justice seront désormais "En langage maternel français et non autrement". Le français d'alors, désormais éloigné du latin et différencié des autres dialectes parlés en France, devient la langue juridique et administrative du royaume et s'impose à l'écrit.
Place de l'Hôtel-de-ville Saint Louis créa une assemblée municipale élue avec, à sa tête, le prévôt des marchands et Étienne Marcel l'installa, en 1357, sur cette place, qui dès lors connut une activité intense. Lieu d'exécution, mais aussi lieu festif, il vit maintes fois rassemblé le peuple de Paris, qui eut toujours le verbe facile. François Villon déjà l'avait noté " il n'est bon bec que de Paris ". Ne reconnaît-on pas aujourd'hui encore le vrai parisien à son parler vif et à sa prononciation inimitable? À Paname, on a l'accent parigot.
Rue de Sully En 1770, le marquis de Paulmy se retira, avec sa magnifique bibliothèque riche de manuscrits du Moyen Age, dans l'ancienne résidence du grand maître de l'Artillerie, l'Arsenal. À la Révolution, les archives de la Bastille furent déposées ici. Durant tout le XIX siècle, l'Arsenal fut au centre de la vie littéraire parisienne et compta Nodier et Hérédia, bibliothécaires. Il renferme, entre autres trésors, le psautier de Saint Louis.
Au 99 rue Saint-Antoine, l'église Saint-Paul-Saint-Louis fut célèbre au XVIIème siècle pour la qualité de ses prédicateurs, tels Bourdaloue qui n'hésitait pas à fustiger les péchés en usant du portrait à clé : Pascal est évoqué dans le Sermon sur la médisance, Molière et Tartuffe dans le Sermon sur l'hypocrisie. La qualité de ces prêches attirait les foules : les valets, dès la nuit, couraient occuper les places de leurs maîtres pour le sermon de l'après-midi. Au 66, l'hôtel de Sully abrite la Caisse nationale des monuments historiques et des sites et sa Librairie du Patrimoine.
La Place des Vosges, autrefois Place Royale, construite de 1605 à 1612, fut le centre du quartier à la mode au XVIIème siècle, et inspira une des comédies de Corneille. Victor Hugo y vécut de 1832 à 1848, au n°6, à l'hôtel de Rohan-Guéménée. On visite sa maison devenue un musée.
Rue de Sévigné La marquise épistolière, de 1677 à 1696, loua l'hôtel Carnavalet. Conçu en 1544, l'hôtel fut appelé Carnavalet en 1572, par altération du nom de sa propriétaire du moment, Mme de Kernevenoy : Carnavalet est un nom breton francisé. Pour brouiller les pistes en jouant sur les mots, l'emblème de la famille de Kernevenoy qui orne le portail est une tête masquée... image du carnaval.
Dans la rue Payenne, au 5, sur la façade du temple de l'Humanité, on peut lire la devise d'Auguste Comte, père de la philosophie positive et créateur du mot "sociologie" : "L'amour pour principe, l'ordre pour base, le progrès pour but".
Au 87, rue Vieille-du-Temple, l'hôtel élevé en 1705 pour le Cardinal de Rohan abrita l'Imprimerie nationale de 1801 à 1925.
Au 47, le somptueux hôtel des Ambassadeurs de Hollande fut occupé par Beaumarchais. Le Mariage de Figaro, écrit en ses lieux, fut enfin joué en 1784 après six censures.
Rive droite.
Au 5 rue de Thorigny, le musée Picasso occupe l'hôtel élevé en 1658 pour Aubert de Fontenay. On le surnomme alors " hôtel salé ". Pourquoi? Son premier propriétaire était fermier des gabelles, chargé de prélever l'impôt sur le sel.
Rue de Bretagne Au 41, l'un des plus anciens marchés de Paris, le marché des Enfants-Rouges doit son nom à l'orphelinat voisin, fondé par Marguerite de Valois, dont les pensionnaires étaient de rouge vêtus. Lieu propice au boniment, tel celui d'un camelot installé là en 1900 pour vendre une liqueur propre à foudroyer les punaises "Badigeonnez vos bois de lit, et vous les tuerez toutes sans les endormir... même les plus entièrement vivantes...".
Rue des Francs-Bourgeois En 1808 Napoléon 1 installe au palais Soubise (ancien hôtel de Guise) les Archives nationales, institution crée en 1789 par l'Assemblée constituante pour centraliser les titres, chartes et documents concernant l'histoire de France. Au Musée de l'Histoire de France, chacun peut voir les écrits capitaux que sont les testaments de Louis XIV et Napoléon, l'édit de Nantes, la Déclaration des Droits de l'Homme, les lois sociales sur le travail des enfants... Une armoire de fer fabriquée à l'initiative de la Constituante renferme les constitutions successives.
La rue Michel-le-Comte a inspiré un jeu de mot célèbre à Courteline " Vous ferez vos quat' jours de prison et ça fera la rue Michel ". Le calembour court encore : plaisante manière de dire " ça fait le compte ".
Rue Saint-Martin flânez et ouvrez bien vos oreilles devant le Centre Georges-Pompidou, sur la " piazza ". Avec ce nom, on a emprunté à l'Italie l'ambiance des grandes places accueillantes à la rumeur humaine. L'endroit est en toutes saisons un lieu de rencontres, notamment pour la jeunesse qui s'est appropriée le secteur piétonnier et importe ici ses modes et sa tchatche (bavardage) hospitalière, faite de verlan : zicmu (musique) et d'emprunts à des langues parlées par les communautés immigrées : soua (fille, femme, de l'arabe swaswa " très bon ") go (fille, du bambara, langue africaine) minch (copine, petite amie, du rom, langue tsigane)...
Grande artère moderne de la fin du siècle dernier, le boulevard Sébastopol s'encanaille la nuit en souvenir de ses débuts. On l'appellait alors familièrement " l' Sébasto ". Aujourd'hui, on le tutoie toujours : c'est " le Topol ".
Au carrefour de la rue Saint-Denis et de la rue Berger, a été installée la Fontaine des Innocents (1549, chef d'oeuvre de Jean Goujon), là où Paris avait coutume d'enterrer ses morts depuis Mérovée. Devant la fameuse danse macabre qui décorait le plus célèbre charnier de la chrétienté, Villon a flâné, médité, cassé la croûte, cherché des aubaines. Les francs-buveurs et les clochedus (clochards) fréquentent toujours ces parages, la tête pleine de testaments qu'ils n'écriront jamais. Peut-être ont-ils laissé sur les murs d'éphémères tags...
La rue Montorgueil, à proximité des anciennes halles, était spécialisée dans la boucherie. Les bouchers y parlaient entre eux le " loucherbem ", inventé par leurs confrères de La Villette vers 1850. Il consiste, suivez-moi bien, à substituer un l à la première lettre de chaque mot, et à expédier celle-ci à la fin du mot devant un suffixe : au choix, -ème, -ji, -oque, -muche... Le mot " loufoque ", est la variante de " fou " dans le jargon loucherbem (variante de " boucher ").
Ce secteur, avec ses derniers magasins de viandes et poissons en gros, a résisté au départ définitif des victuailles à Rungis. Le carreau n'est plus. Le 28 février 1969, le " ventre de Paris ", comme disait Zola, a cessé de fonctionner. Il l'avait fait huit siècles durant. Les Halles sont nées en 1135, quand Louis VI décida le transfert, ici, aux Champeaux, du marché de la place de Grève. Adieu, veaux, vaches, cochons, couvées... Avec ces nourritures terrestres, s'est envolée la poésie du lieu : Belles de Fontenay, choux Coeur de boeuf, poireaux de Genevilliers, pois Gladiateur, poires Curé, betteraves des Vertus, laitues Patience...
Le 15 janvier 1622, Molière vint au monde rue Saint-Honoré, au coin de la rue Sauval. Gamin des Halles, il grandit sur le terroir des Poissardes (marchandes de poisson), celui du franc-parler parisien qui a le génie de la réplique, il a vu construire les façades des n° 70, 97, 99. Le pharmacien du 113 était-il Monsieur Purgon? En tous cas, la maison existait déjà sous Louis XVI et Fersen, dit-on, venait y acheter de l'encre sympathique pour écrire à Marie-Antoinette.
Place du Palais-Royal, le palais abrite aujourd'hui le Conseil constitutionnel, le Conseil d'état et le ministère de la Culture et de la communication. Philippe III d'Orléans, le futur Philippe-Égalité, hérite en 1752 de ce palais, construit pour Richelieu. Couvert de dettes, le duc fit élever tout autour du jardin soixante pavillons identiques destinés à la location. Une foule bigarrée se presse bientôt dans les boutiques et les cafés installés dans les galeries, au rez-de-chaussée. Bouillonnement d'idées et d'intrigues, nouvellistes à l'affût... Chamfort rebaptise l'endroit "le Forum du peuple parisien". Camille Desmoulins y prononça des discours enflammés à la veille de la prise de la Bastille.
À l'hôtel de Rambouillet, rue Saint-Thomas-du-Louvre -disparue lors de la construction des galeries du Louvre- Catherine de Vivonne, marquise de Rambouillet, tint salon de 1620 à sa mort, en 1665. Entourée de gens du monde et des lettres, " l'incomparable Arthénice " présidait son " académie de galanterie, de vertu et de science ". Dans une langue nuancée et pure, des " beaux esprits ", des " gens de qualité" se livrent, avec bienséance et sans pédantisme, à des divertissements littéraires et des débats de casuistique amoureuse. Corneille y a lu le Cid.
Le XVIIème siècle va peaufiner le français. Les écrivains classiques recherchent la précision dans le sens des mots, la langue française se donne des règles, fixe l'orthographe et devient un instrument permettant d'exprimer les subtilités de la pensée. En ce siècle où le " bon usage " se fait jour, Richelieu installe au Louvre l'Imprimerie Royale, et La Gazette, fondée par Théophraste Renaudot : le premier journal français. C'est encore au Louvre que l'Académie française a tenu ses premières réunions.
Le Louvre fut la résidence des rois de France de Charles V qui installe sa bibliothèque à l'emplacement de l'actuel pavillon Sully jusqu'à Louis XIV autrement dit du XIVème au XVIIème siècle, période durant laquelle s'élabore la langue qui va devenir le français moderne. En Ile-de-France, berceau de la dynastie française, on parlait une langue locale, principalement issue du latin vulgaire, alors que, dans d'autres régions, le même latin avait abouti à des formes différentes : dès le IV ème siècle, l'idiome s'est diversifié, aussi bien du nord au midi, que d'ouest en est. Le français du royaume de France n'était à l'origine qu'un dialecte parmi d'autres... Parlé par les souverains, pratiqué à la Cour et dans les institutions, façonné par les juristes, les poètes et écrivains, il s'est imposé peu à peu.
Marie TREPS, linguiste, membre de l'Institut National de la Langue Française, C.N. R. S
Ce document a pu être réalisé avec le concours de :
La ville de Paris
L'INALF
La Caisse nationale des monuments historiques et des sites qui organise des visites-conférences
L'agence culturelle de Paris - Paris Bibliothèque

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