Mohamed Laïd ATHMANI

Poète et Nouvelliste, Mohamed Laïd Athmani est né en 1949 à Biskra, une ville du sud-est algérien. Il est l’auteur d’un premier recueil de poèmes intitulé : « Octobre noir ».
Mohamed Laïd Athmani est issu d’une famille nombreuse et a fait ses études à Biskra. En 1967, il embrasse le métier d’enseignant en tant qu’instructeur de langue française. Il fut progressivement, en passant ses examens professionnels, instituteur, professeur de collège puis Surveillant Général. Préférant la classe à l’administration, il est affecté au Lycée Technique à sa première année d’ouverture à Biskra. Par nécessité de service, en 1981, il est désigné comme Professeur Formateur d’enseignants auprès de l’Institut d’Enseignement de sa ville jusqu’en 1988, année de son détachement à l’Université de Batna où, en 1992, il obtient sa licence de lettres françaises.
En 1999, il prend sa retraite en tant que P.E.S de langue française pour s’adonner à ses écrits.

 
 

 

 
 

Quelques extraits du recueil de poèmes : OCTOBRE NOIR, édité (à compte d'auteur) dans les éditions, La pensée Universelle, 1990.  

Ce recueil a été écrit pendant et après les événements d’octobre 1988 en guise de témoignage.

 
     
 

« L'ANARCHIE »

Quand l’ivraie

Envahit le blé

Quand la gangrène

S’impose en Reine

Quand les malfaiteurs

Deviennent Rois

Quand une société de parvenus

Dédaigneuse

Nargue le pauvre ahuri

Quand la vie

Devient amère

Quand le mal

Empire

Quand l’ingratitude

Est déclarée

Quand la glèbe

Meurt de soif

Quand l’amour

Déserte les cœurs

Quand les braves

Sont indexés

Quand la vérité

Est prise en chasse

Et que le mensonge

Occupe la place

Quand le Mal

Ecrase le Bien

Et que la Haine

Galope les rues

C’est le règne du désordre

C’est le Peuple qui gronde

C’est la colère générale

C’est aussi la vindicte

C’EST l’ANARCHIE !

Tout court.

Le  poème, ci-contre,  constitue une  analyse  de la situation socio-économique et politique qui avait prévalu dans le pays et qui a été le levain de ce soulèvement de la jeunesse  qui eut lieu le : 5 Octobre 1988 à Alger et qui marque le ras-le-bol d’une frange très  importante de la société en mal de vivre. (L’auteur)

 « J'AI VU »

 

En cet “OCTOBRE NOIR”
J’ai vu Ma Mère pleurer
J’ai vu Mes Frères pleurer
J’ai vu Mes Soeurs pleurer
Convenez que c’est amer
Et très dur à avaler

Je ne pus me contenir
Je voulus crier Mes Frères
Je voulus pleurer Ma Mère
Je voulus hurler Mes Soeurs

Mais
On m’empêcha de crier
On m’empêcha de pleurer
Et je ne pus hurler
Je me débattis
Tel un déchaîné
Je ne pus rien faire
Je ne pus rien dire

Je me suis évanoui.

« J’AI VU  » pour signifier que : Dame censure était REINE.  

 «  TENSION  »

 

Je n’ai plus le cœur à parler des Fleurs

Ni des sourires enjôleurs

Je VEILLE  

C’est plus que jamais

Le temps de VEILLER.

 

 « MES LARMES  »

 

Pendant toutes ces journées

Dans toutes mes prières

 Mon cœur se serrait

Et mes larmes chaudes

Coulaient

 

Elles coulaient

Pour ma Mère

Elles coulaient

Pour mes Frères

Elles coulaient

Pour l’ALGÉRIE entière

 

De mes larmes perlées

Que j’ai enfilées

J’ai fait des colliers

Un collier

Pour ma Mère

Un collier

Pour mes Frères

Un collier

Pour l’ALGÉRIE entière.

 

 « A MES GEÔLIERS » 

           

Au grand jour

Je paraîtrai

Un jour

Et on lira la grandeur de mon amour blessé

Cet amour jaillissant

De mon amour torturé

Gémissant

Fouetté à sang

Par la PERFIDIE d’un Aigri insolent

Cet amour confié sur un si long papier

Que vos mains d’inhumains ont déplié

Puis rapidement replié

Pour ne jamais re-déplier


Cet amour enragé

Que vous avez encagé

C’est MON AMOUR pour Mon Pays

C’est MON AMOUR pour l’ALGÉRIE

C’est MON AMOUR pour Ma Patrie

De mon sang

Je l’écrirai

Non plus

Noir sur blanc

Mais rouge sur bleu

Dans tous les cieux

Et il sera lu par tous les yeux

Je le sèmerai à tous les vents

Et il sera entendu instantanément

 

Si je suis Fou et prêt au sacrifice

C’est sans nul artifice

Je me sens concerné

Comme nos «  CHOUHADA » furent concernés

Par ce même amour entraînés

Payant de leur sang

La survie des enfants qu’on était

 Et la survie des adultes poltrons

De leur temps

 

Le « CHAHID » algérien mes Chers

N’est pas du tout mort

Il demeure encore 

 

«  LA MEUTE  »


L’Enfer !

C’est l’Enfer ! 

« Ezilzel » !

« Ezilzel » de TAHAR OUETTAR !

 

C’est la ruée !

La ruée !

La meute arrive !

La meure gronde

Tel un torrent impétueux !

 

Des poltrons vicieux

Attendent le moment

Vicieux

Ils attendent

 

La meute avance

Vicieux

Ils ont toujours été aux aguets

Ils attendent

 

La meute avance

Vicieux

Les poltrons s’infiltrèrent

Et

En Lions se déguisèrent

 

 

Tous les couteaux furent tirés

Haut la main

Ils sont brandis

La situation s’envenima

C’est l’anonymat

 

La meute avance

Les poltrons –Lions avancent

Toutes dents dehors

Prêts à déchiqueter la chair

De leurs propres frères

 

La meute est excitée

Les poltrons-Lions ricanent

Ils la font vibrer

La meute est ivre

La meute crie

Les poltrons-Lions rugissent

La meute jouit Elle avance

Surexcitée

 

Du sang gicle

 Un homme tombe

La face maculée de sang

La meute avance toujours

Léchant le sang

Son propre sang

Qui gicla

Qui l’enfiévra

 

Le sang appelle le sang

La meute en transe

Ne peut plus s’arrêter

Elle avance

 

« Ô   ALGÉRIE » 


Ô ALGERIE Pays des Braves !

Dis-leur

En cet Historique mois d’octobre

Dis-leur !

 

Dis-leur

Qu’ils se leurrent

Ceux par qui

Dans la houle

Nous allions

Etre précipités

Et devenir leur risée

Dis-leur !

 

Dis-leur

A ces faux dévots

Du moment

Qui dehors toutes dents

Font du tapage à tous vents

Croyant te porter préjudice

En usant de mille et un artifices

Dis-leur !

 

Dis-leur

A ces falsificateurs de l’information

A ces langues fourchues

En fête

Festoyant à tue-tête

Que le peuple algérien est vivant

Plus que jamais Vivant

Dis-leur !

 

Dis-leur

Que nul n’a oublié les leçons de l’Histoire

Qui oserait donc oublier pour croire

Et s’abreuver à ce Breuvage

A ce Paternalisme déplacé

Rappelant une fois de plus

L’hypocrisie du passé

Dis-leur !

 

Dis-leur

Ô Vous Ennemis des HOMMES VERITABLES !

Lequel d’entre-nous

Est venu parmi Vous

La main tremblante

Et tendue

Quémandant l’aumône

Pour oser en parler

Et simuler les âmes charitables ? 

Dis-leur !

Ô ALGERIE Pays des Braves 

Dis-leur !

En cet Historique mois d’octobre

Dis-leur !

 

 «  LES SIRENES  » 


OCTOBRE…OCTOBRE…OCTOBRE…OCTOBRE…OCTOBRE…OCTOBRE…OCTOBRE…

 

De tous les coins

Les sirènes ont mugi

Ce jour-là

Elles se plaisent à mugir

Elles attisent le feu

Que leur propre feu

Les brûle!

 
   
 
     
  Liens pour plus d'informations sur le poète et son œuvre:  
 

http://elgosto.blogspot.com/2008/10/anouar-benmalek-parle-doctobre-1988.html

http://levescerien.blogmdr.com/

http://www.elwatan.com/Le-lourd-silence-d-une-presse

 
 

Les pièges de l'édition à compte d'auteur :http://www.lire.fr/enquete.asp/idC=34767

Arnaque par La pensée universelle: http://www.elwatan.com/Arnaque-par-La-pensee-universelle

 
 

 
 

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